Pollux raconte sa vie en accordéon…..article de Marie COURVASIER (Ouest-France)

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Marie COURVASIER.

Daniel Pichon, dit Pollux, organise depuis 1984 le Festival national d’accordéon. C’est le plus ancien festival de France, qui fêtera sa trentième édition, dimanche, à Mulsanne.

Il aime à rappeler qu’il a commencé comme marchand de frites. S’amuse de ses « 120 kg », le dit lui-même « j’ai une grande gueule ». Pollux n’a pas peur des mots. Il a sorti en novembre dernier le récit de sa vie bien remplie, en 500 exemplaires déjà écoulés. On parle même d’une réédition. « C’est un truc de fou ! »

Et une belle expérience. Le personnage a découvert le plaisir d’écrire et confie avoir « bien envie d’en écrire d’autres » parce que c’est « rigolo ». Il lit beaucoup, la presse locale tous les jours, des magazines et des romans. Mais surtout reste fidèle à ses racines. « Je suis un mec simple, un fils de paysan. » Il veut en garder l’esprit, même s’il sait que sa vie l’a mené à autre chose.

Changer de vie

Depuis la publication de son livre, il ne comprend pas que certains le voient différemment. « On idolâtre les gens, c’est très mauvais. Il y a plein de personnes extraordinaires qui ne sont pas mises en avant, il y a aussi des stars pas si spectaculaires. »

Son expérience de la vie se ressent dans ses paroles. L’organisateur raconte n’avoir jamais vécu pour l’argent et ne « pas accepter les contraintes », quitte à « changer de vie en quinze jours », arrêtant le commerce ambulant de frites, inadapté à son mode de vie, pour ouvrir un restaurant puis devenir patron de radio.

Pour Pollux, les valeurs phares restent la famille et le travail. Sa fille est avocate d’affaires, une fierté. Mais pas question pour autant de se prendre au sérieux, « les gens qui se prennent au sérieux meurent plus vite ». Aujourd’hui, l’organisation d’événements lui permet de garder une certaine légèreté. « L’accordéon m’a sauvé, écrit-il dans son livre. C’est mon cheval de bataille, qui m’apporte l’apaisement. »

Mais il n’en a jamais joué, ni d’aucun instrument de musique, d’ailleurs. « Chacun son domaine! » Pollux, lui, ce qu’il aime, c’est « la musique des mots ». Et pour communiquer, il n’hésite pas à apprivoiser les nouvelles technologies. Le festival d’accordéon a sa propre page Facebook, régulièrement alimentée par le sexagénaire. Il est fier de dire qu’il a appris l’informatique tout seul.

Pollux a toujours été un fonceur. À presque 67 ans, il continue d’oser. « Je peux me permettre à mon âge d’emmerder le système et de le dire. » Dans son livre, il a fait une page sur les cons. « J’aurais pu en faire dix », rigole-t-il. Le bonhomme est très demandé, sa notoriété intéresse les dirigeants locaux.

Mais il n’aurait pas la patience de faire de la politique. « Je suis trop abrupt et franc. J’en joue un peu, reconnaît-il. Mais ça fait avancer les choses. » Le « vendeur d’événements populaires » comme il se définit ne veut plus d’une société « sclérosée et égoïste ». C’est aux jeunes, maintenant, de « réinventer une nouvelle société »

Rendez vous dimanche à Mulsanne pour la 31ème édition du festival …..

voici le lien

http://www.ouest-france.fr/pollux-raconte-sa-vie-en-accordeon-1976217

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